Non-croyante, j’ai baptisé mon fils à l’Eglise – BLOG

Ce n’est pas parce que moi, je ne crois pas en un Dieu en particulier que je ne crois en rien. Et ce n’est pas une raison pour que je laisse cette porte fermée pour mes garçons alors qu’ils pourraient en ressentir le besoin.

RELIGION – Une contradiction dans le titre ? Légèrement  Posons déjà les bases. J’ai moi-même été baptisée enfant mais je ne suis pas croyante. Je ne vais pas entrer dans un débat sur la religion ou les religions, ce n’est nullement l’objectif.

J’aime visiter les édifices religieux en France et à l’étranger, connaître l’histoire de ces lieux. Mais je ne fredonne même pas les chants religieux lors de cérémonies. Pas de signe de croix et tout ce qui va avec. La croyance en une religion est un acte sincère et j’aurais l’impression de jouer un rôle et de ne pas être sincère justement en effectuant ces signes.

C’est un choix que je fais, qui m’appartient et je ne juge en aucun cas, les personnes croyantes ou non qui agissent différemment. Il s’agit vraiment de décisions personnelles et il serait malvenu de donner son avis (je préviens les détracteurs et les trolls dès à présent, en douceur…).

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à [email protected] et consulter tous lestémoignages que nous avons publiés. Pour savoir comment proposer votre témoignage, suivez ce guide!

Pourquoi alors faire le choix de baptiser son enfant à l’église ?

Lorsque Martin (notre fils aîné, NDLR) est né, nous avions choisi un parrain et une marraine. Nous avions en tête ce lien privilégié qui peut se développer entre un(e) parrain/marraine et son/sa filleul(e). Et nous voulions consolider ce lien à l’occasion d’une cérémonie et d’une fête familiale.

Avec le Barbu (mon conjoint, NDLR), nous avons pas mal discuté. Car un baptême civil me convenait très bien. Mais lui étant croyant (sans être pratiquant) préférait l’Eglise. Nous avons eu deux réunions de préparation lors desquelles je n’ai pas caché mon absence de croyance. J’avais prévenu le prêtre que je ne chanterai pas, que je ne signerai pas, etc. Lors de la cérémonie du baptême, il m’a fait des appels du pied, gentiment, à plusieurs reprises. C’était plutôt sympa au final.

Un second baptême

Alors vous vous dites, le 1er a été baptisé donc logique, ils font la même chose pour le 2e ! Eh bien oui mais en partie seulement. Ma vision des choses a changé. Martin est scolarisé dans une école privée depuis ses 3 ans (une autre histoire ça encore) et dans son « cursus », il a une sorte d’ »initiation à la religion catholique ». Durant un an et demi, comme pour beaucoup d’enfants, il était compliqué de savoir ce que Martin avait fait en classe. Il racontait peu de choses de sa journée. En revanche, on savait tout, précisément, lorsque c’était lié à la religion. Et ses questions fusaient lors des visites d’édifices religieux.

Alors, je me suis mise à penser que peut-être, la religion, pourrait un jour aider mes enfants. Et ce n’est pas parce que moi, je ne crois pas en un Dieu en particulier que je ne crois en rien. Et ce n’est pas une raison pour que je laisse cette porte fermée pour mes garçons alors qu’ils pourraient en ressentir le besoin.

Lettre à mon enfant

Le week-end dernier, Hector a été baptisé à son tour. Le diacre qui officiait la cérémonie avait demandé aux parents des 4 enfants de dire pourquoi nous souhaitions faire baptiser notre enfant. Comme je suis un peu bavarde, je ne me suis pas limitée à une phrase ou deux. Je partage aujourd’hui avec vous ce texte que j’ai écrit. J’étais bien plus émue à sa lecture que je ne l’aurais imaginé. C’est moche les hormones!

« Nous présentons Hector à l’église pour qu’il soit baptisé. Hector, ton Papa est croyant. Moi, ta maman, je ne le suis pas. Et pourtant, ce choix de te faire baptiser nous le faisons véritablement à deux. Aujourd’hui, tu as 20 mois et tu n’as pas conscience de tout ce que cela signifie. Plus tard, tu comprendras et tu choisiras. J’espère que nous, tes parents, ton parrain, ta marraine, ton frère et tous tes proches, nous serons l’oreille attentive que tu attends. Que nous trouverons des réponses à toutes tes questions. Mais si un jour tu en ressens le besoin, saches que tu auras une autre communauté prête elle aussi à t’accueillir et t’écouter. Si nos mots ne parviennent pas à te montrer le chemin que tu peux emprunter, alors nous espérons qu’à travers cette communauté tu le trouveras. Quoiqu’il en soit, nous souhaitons te voir grandir, t’épanouir et trouver à ton tour la force d’aider et d’écouter tous celles et ceux que tu rencontreras sur ta route.« 

Je crois ne pas avoir grand chose à rajouter. Ces quelques lignes résument parfaitement mon état d’esprit actuel sur la croyance en une religion et ce qu’elle pourrait finalement apporter. Pour le reste, Hector a pleuré lorsque le diacre a versé l’eau bénite sur sa tête, il n’a pas voulu mettre l’écharpe blanche personnalisée à son nom et cousue par les bénévoles et il a tenté de draguer les jumelles de 6 ans qui se faisaient elles aussi baptiser en leur balançant son doudou à plusieurs reprises. Bref, une cérémonie haute en couleurs!

Ce billet est également publié sur le blog La Récré de Maman Pirouette. Vous pouvez également retrouver Marie sur ses comptes Instagram et Facebook.

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